Que recherchez-vous ?

Devenir infirmier(e) de pratique avancée

Dernière mise à jour :
19/01/2026
Photo issue de la plaquette de présentation du métier d'infirmier en pratique avancée

Entre médecin et infirmier, la pratique avancée marque une évolution du système de santé. Elle permet à des professionnels paramédicaux (ici, des infirmiers) d’exercer des missions élargies au service d’une meilleure prise en charge des patients. Eclairages sur cette profession en plein essor.

 

La pratique avancée permet à des auxiliaires médicaux d’exercer des missions élargies et d’avoir, notamment, une activité clinique. L’infirmier(e) en pratique avancée (IPA) est titulaire d’un Diplôme d’État d’Infirmier en Pratique Avancée (DE IPA, grade master), formé(e) pour assurer des missions de prise en charge, de coordination et de suivi de patients, incluant la gestion de parcours cliniques complexes.

Les domaines d'intervention ouverts à l'exercice infirmier en pratique avancée, dont la mention correspondante est inscrite dans le diplôme d'Etat d'infirmier en pratique avancée, sont les suivants :

  • Pathologies chroniques stabilisées (PCS) ; prévention et polypathologies courantes en soins primaires. La liste des pathologies chroniques stabilisées est établie par l’arrêté du 18 juillet 2018 : accident vasculaire cérébral, artériopathies chroniques, cardiopathie/maladie coronaire, diabète de type 1, diabète de type 2, insuffisance respiratoire chronique, maladie d’Alzheimer et autres démences, maladie de Parkinson, épilepsie.

  • Oncologie et hémato-oncologie ;

  • Maladie rénale chronique, dialyse, transplantation rénale ;

  • Psychiatrie et santé mentale ;

  • Urgences, à la condition que cette activité soit exercée par un établissement de santé disposant d'une autorisation d'activité de soins de médecine d'urgence donnée en application de l'article R. 6123-1.

La loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 pose le cadre juridique de « la pratique avancée » pour les auxiliaires médicaux. En France, ces derniers peuvent exercer en pratique avancée au sein d’une équipe de soins primaires coordonnée par un médecin, ou en assistance d’un médecin spécialiste ou du travail (article 119 de la loi de modernisation de notre système de santé).

 

 

Loi n°2016-41 de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016) – Elle pose (article 119) le cadre général de la pratique avancée et définit les domaines d’intervention ainsi que les conditions et les règles de l’exercice en pratique avancée.

 

Arrêté du 18 juillet 2018 fixant la liste des pathologies chroniques stabilisées prévue à l’article R. 4301-2 du code de santé publique

 

Arrêté du 18 juillet 2018 fixant les listes permettant l’exercice infirmier en pratique avancée en application de l’article R. 4301-3 du code de santé publique

 

Décret n° 2018-633 du 18 juillet 2018 relatif au diplôme d'Etat d'infirmier en pratique avancée

 

Arrêté du 18 juillet 2018 relatif au régime des études en vue du diplôme d'Etat d'infirmier en pratique avancée

 

Décret n° 2025-55 du 20 janvier 2025 relatif aux conditions de l'accès direct aux infirmiers en pratique avancée 

 

Arrêté du 25 avril 2025 modifiant l'arrêté du 18 juillet 2018 fixant les listes permettant l'exercice infirmier en pratique avancée en application de l'article R. 4301-3 du code de la santé publique 

 

 

L’émergence des IPA ne se résume pas à la création d’un nouveau métier entre médecin et infirmier(e). Elle permet de répondre aux enjeux de santé publique que sont le vieillissement de la population, la prise en charge des pathologies chroniques, l’organisation du parcours de soins et le développement de l’exercice coordonné. 

De fait, elle représente une organisation davantage collaborative, où les compétences de chacun sont complémentaires et mises au service des patients. Ainsi, la pratique avancée répond à un triple enjeu : 

  • Améliorer l’accès aux soins, en particulier dans les territoires où la démographie médicale est fragile, en réduisant la charge de travail des médecins ; 

  • Renforcer la qualité et la continuité des parcours, notamment dans la prise en charge des maladies chroniques ; 

  • Et enfin, valoriser l’expertise infirmière en offrant de réelles perspectives de carrière et de reconnaissance. 

En clair, la pratique avancée infirmière permet de répondre aux besoins croissants de la population dans un système de santé en constante mutation.

Ce métier s’adresse à des infirmiers expérimentés, qu’ils exercent en établissement (sanitaire ou médico-social) ou en ville, en libéral ou comme salariés d’un centre ou d’une maison de santé pluriprofessionnelle (MSP).

Pour accéder à l’exercice en pratique avancée, l’infirmier(e) doit remplir les conditions cumulatives suivantes : 

  • Obtenir le diplôme d’Etat d’infirmier(e) de pratique avancée (DE IPA) délivré par les universités dans les conditions définies à l’article D.636-81 du Code de l’éducation, dans la mention correspondant au domaine d’intervention ;

  • Justifiez d’une expérience d’au minimum trois ans en équivalent temps plein de la profession d’infirmier (article D4301-8 du Code de la santé publique) ;

  • Exercer dans l’un des cadres prévus à l’article L.4301-1 du Code de la santé publique (cf. ci-après).

La formation IPA dure deux ans et elle est nécessairement proposée par une université accréditée. Elle peut être plus courte pour les personnes bénéficiant d’une validation des acquis de l’expérience (VAE) ou des études supérieures (VES) accordée par l’université. Cette formation fait l’objet d’un diplôme d’État de niveau master.

En Bretagne, la formation est dispensée par les universités de Brest (Bretagne Occidentale) et de Rennes. La formation associe enseignements théoriques et stages, et se structure de la façon suivante : une première année de tronc commun permettant de poser les bases de l’exercice d’IPA et une seconde année centrée sur un domaine d’intervention choisi par les étudiants. 

En outre, durant leur formation, les étudiants accomplissent deux stages : un stage d'une durée minimum de deux mois au cours du deuxième semestre de formation et un stage d'une durée minimum de quatre mois, au cours du quatrième semestre de formation, dont les objectifs sont en lien direct avec la mention suivie.

A noter toutefois que les modalités pédagogiques ne sont pas identiques. A Brest par exemple, la formation est organisée en périodes alternées, combinant des enseignements théoriques et pratiques à l’université, des retours en organisation à raison de quinze jours par mois. A Rennes, l’organisation de la formation repose sur des périodes distinctes de cours à l’université et des périodes de stage.

Pour toute information complémentaire sur cette formation, nous vous invitons à consulter les sites Internet de ces facultés où sont notamment décrits les modalités pédagogiques, les objectifs et contenus des enseignements, ainsi que le coût, le calendrier et les modalités liées à l’inscription.

La formation peut être suivie après une expérience professionnelle ou dès l’obtention du diplôme d’Etat d’infirmier. Autrement dit, la formation IPA est ouverte à tous les infirmiers diplômés d’Etat, y compris aux professionnels récemment diplômés. Toutefois, pour exercer en tant qu’IPA, une expérience professionnelle en tant qu’IDE à temps complet de trois ans est requise

L’IPA est compétent pour conduire un entretien avec le patient, effectuer une anamnèse de sa situation et procéder à son examen clinique. Ses missions sont multiples : prévention, dépistage, éducation thérapeutique, orientation, coordination, analyse de pratiques… L’IPA peut notamment réaliser les actions suivantes : 

  • Réaliser des actes techniques sans prescription médicale (liste en annexe I de l’arrêté du 18 juillet 2018 modifié par arrêté du 25 avril 2025 ;

  • Demander des actes de suivi et de prévention (annexe II) ;

  • Prescrire des médicaments non soumis à prescription médicale obligatoire ;

  • Prescrire des dispositifs médicaux (annexe III) ;

  • Prescrire des examens de biologie médicale (annexe IV) ;

  • Renouveler et adapter si besoin des prescriptions médicales (annexe V) ;

  • Selon le domaine d’intervention, prescrire des produits de santé ou des prestations soumis à prescription médicale obligatoire, avec ou sans diagnostic médical préalable (annexe VI et VII).

Dans le respect du parcours de soins du patient coordonné par le médecin traitant, l’IPA apporte son expertise et participe, en collaboration avec l'ensemble des professionnels concourant à la prise en charge du patient, à l'organisation du parcours du patient, entre premier recours, médecins spécialistes et établissements de santé ou médico-sociaux.

Lorsque l’IPA constate une situation dont la prise en charge dépasse son champ de compétences, il adresse le patient sans délai au médecin traitant du patient et en informe expressément ce dernier afin de permettre une prise en charge médicale dans un délai compatible avec l'état du patient.

Quels sont les lieux d’exercice possibles ?

Les IPA peuvent exercer dans l’un des cadres prévus à l’article L.4301-1 du Code de la santé publique, à savoir :

  • Au sein d'une équipe de soins primaires coordonnée par le médecin traitant ou d'une équipe de soins d'un centre médical du service de santé des armées coordonnée par un médecin des armées ;

  • Au sein d'une équipe de soins en établissements de santé, en établissements médico-sociaux ou en hôpitaux des armées coordonnée par un médecin ;

  • Au sein de l'équipe pluridisciplinaire d'un service départemental de protection maternelle et infantile coordonnée par un médecin ;

  • Au sein d'une équipe pluriprofessionnelle dans un établissement scolaire, en lien avec un médecin ;

  • En assistance d'un médecin spécialiste, hors soins primaires, en pratique ambulatoire ;

  • En assistance d'un médecin du travail, au sein d'un service de prévention et de santé au travail ;

  • En assistance d'un médecin référent dans un service départemental de l'aide sociale à l'enfance ou un établissement d'accueil du jeune enfant.

Par conséquent, l’IPA peut exercer en ville comme en établissement de santé ou en établissement médico-social (par exemple en EHPAD), dans le cadre d’une pratique coordonnée. 

En ville, l’exercice des IPA libéraux est particulièrement pertinent au sein de structures d’exercice coordonné : équipes de soins primaires (ESP), équipes de soins spécialisés (ESS), maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) et centres de santé (CDS).

Afin de favoriser le déploiement de la pratique avancée infirmière en Bretagne, l’ARS Bretagne a mis en place un dispositif de soutien financier depuis 2018.

L’ARS Bretagne soutient financièrement les élèves IPA pendant leurs deux années d’étude et lors de leur installation (en tant qu’IPA donc) en ville, sous certaines conditions. Les aides proposées par l’ARS Bretagne sont cumulables avec celles de l’Assurance maladie.

Pour plus d’informations sur les aides que propose l’ARS Bretagne, nous vous invitons à consulter les pages dédiées (cf. la rubrique « liens utiles »).

Contacts

1. Votre référent ARS :

En région : ars-bretagne-refinstallation@ars.sante.fr

En département :

2. Les coordonnées des universités accréditées en Bretagne pour dispenser la formation d'IPA 

3. Vos référents CPAM :

En département :